Assemblée nationale. Macronie fait face à la proposition de son ex

C’est peu connu, mais siéger dans une majorité ou dans l’opposition n’est pas le seul choix possible dans l’église. Il existe également des groupes parlementaires dits «minoritaires», qui choisissent de rester avec les ânes entre deux présidents. «Nous ne sommes ni d’un côté ni de l’autre. Nous sommes dans un dialogue exigeant avec la majorité LaREM, ce qui signifie que nous essayons d’améliorer les textes qui semblent aller dans le bon sens. Et quand ce n’est pas le cas, on est contre, explique la députée Paula Forteza, coprésidente du groupe Ecologie, Démocratie, Solidarité (EDS). Un choix «naturel» pour cette formation a été créé en mai 2020 et se compose uniquement d’anciens membres du LaREM, à l’exception de Delphine Batho. Incluant des dissidents macronistes tels que Matthieu Orphelin, Émilie Cariou, Cédric Villani et Aurélien Taché, ce groupe présente ce jeudi quatre projets de loi dans le cadre de sa niche parlementaire, un dispositif qui permet à chaque parti de réintroduire l’agenda. année.

« Un booster d’ADN tiré de 2017 »

C’est ainsi que les communistes ont réussi à promouvoir les retraites agricoles par la persévérance. Car le gouvernement et la majorité LaREM rejettent majoritairement les mesures d’autres bancs avec un revers. Parfois, il lui revient aux dents. Plus tôt cette année, Macronie a ignoré la proposition de prolonger les vacances en cas de chagrin lié au décès d’un enfant. Avant le cri, l’équipe défendue par Guy Bricout lors du créneau UDI a finalement été reprise quelques mois plus tard par la majorité et adoptée. «Depuis, nous avons été très prudents. Les autres groupes utilisent des niches pour nous capturer. Il y a une escalade de textes qui tentent d’évoquer des émotions plutôt que de la raison », s’irrite un député du LaREM.

Ce n’est pas l’objectif des députés EDS, assure Paula Forteza. Cependant, l’honorable parlementaire juge la situation intéressante: les députés du LaREM examinent actuellement des projets de loi rédigés par des élus qui siégeaient encore à leurs côtés il n’y a pas longtemps. Les votes seront nécessairement analysés. «Nous voulons être utiles. Nous avons fait un pas de côté en quittant LaREM car les combats que nous pensions pouvoir mener en rejoignant n’étaient pas une priorité. C’est aussi une sorte de rappel de ce que nous croyons constituer les valeurs et l’ADN de 2017, explique Paula Forteza. Cependant, le Groupe EDS a choisi de ne pas représenter trois textes rejetés par le comité: celui qui établit le droit de vote à partir de 16 ans, celui qui instaure des moratoires sur l’installation d’entrepôts destinés au e-commerce, comme Amazon, et celui qui vise à faire de la publicité un levier pour la transition écologique. « Cela n’aurait pas été productif, nous sommes pragmatiques et préférons nous concentrer sur les textes qui peuvent passer dans le demi-cycle », indique le député.

Au menu aujourd’hui est donc l’augmentation du congé de paternité, dont LaREM a écrit en commission pour la mettre en cohérence avec les annonces d’Emmanuel Macron sur le sujet. Mais aussi celui qui vise à limiter la souffrance animale, ceux qui sont liés à l’élevage et à la chasse a été rejeté par la majorité. Les députés EDS soutiennent également la création d’une forme de «parrainage citoyen» pour les réfugiés. Enfin, ils proposent de prolonger le délai légal des interruptions de 12 à 14 semaines, avec le soutien du groupe LaREM pour le moment, mais contre l’avis du gouvernement. « Nous allons déplacer quelques lignes », espère le groupe EDS.

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